Saint-Germain des Prés, la résistance, la déportation, telle a été la vie de Robert Antelme, une biographie racontée par Marguerite Duras ou Georges Pérec. Mais qui pourrait prétendre connaître l'univers concentrationnaire sans avoir lu l’œuvre de Robert Antelme ? Dans "L’espèce humaine", l’auteur va nous décrire, pendant plus de 300 pages, non pas seulement la vie quotidienne du camp, mais l’humanité inhumaine.
Robert Antelme : un Résistant
Robert Antelme naît le 5 janvier 1917 à Sartène, dans le sud de la Corse. Même s'il est passionné par la littérature, Robert Antelme étudiera le droit à Paris. En 1936, ses amis lui présentent Marguerite Duras, qu’il épousera en 1939.
En 1940, le couple s’installe au 5 rue Saint-Benoît, dans le quartier de Saint-Germain des Prés. Ils y reçoivent de nombreux amis, tels Georges Beauchamp, Jean Lagrolet, Dionys Mascolo, Edgar Morin, Georges Semprun, Gaston Gallimard, Claude Roy, de Raymond Queneau…
Ils y discutent littérature, mais aussi politique. Robert et Marguerite s’engagent dans la résistance. En 1942, leur premier enfant, un garçon, meurt à la naissance.
En 1943, ils sont membres du MNPGD (Mouvement National des Prisonniers de Guerre et Déportés) dirigé par François Mitterrand. Mais le 1er juin 1944, Robert Antelme est arrêté par la Gestapo, emprisonné à Fresnes, transféré à Compiègne, déporté à Buchenwald, puis dirigé dans un camp de travail à Gandersheim.
Il terminera à Dachau où il fut libéré en mai 1945 grâce à la visite de François Mitterrand, alors secrétaire d’Etat aux Réfugiés et Déportés.
De retour à Paris, il crée avec Marguerite Duras une maison d’édition « La Cité universelle ». En 1946, le couple divorce.
En 1947, Robert Antelme publie L’Espèce Humaine à la "Cité Universelle" (rééd. Gallimard, 1957, 1999).
Robert Antelme : son oeuvre
Robert Antelme a dédié son livre à Marie-Louise, sa sœur morte en déportation. Ce n’est pas seulement un témoignage, mais également une analyse sur la condition humaine.
Il y décrit la violence concentrationnaire, mais surtout les comportements humains : ceux des prisonniers entre eux et ceux des SS faces aux déportés :
"Il n'y a pas d'espèces humaines, il y a une espèce humaine. C'est parce que nous sommes des hommes comme eux que les SS seront en définitive impuissants devant nous.".
Robert Antelme est décédé le 26 octobre 1990 à l’hôpital des Invalides, à Paris.
